comment éviter la délinquance dans la commune de Chiconi.

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# 12/01/2011 à 15h26 SAID-HALIDI Saitu
Comment éviter la délinquance ?

Pour pouvoir répondre à cette question à fois simple en apparence mais très complexe en réalité, nous conduit à s’interroger sur les questionnements suivants.

Comment sommes-nous arrivés à un stade où les jeunes adolescents défient leurs aînées dans une société dictée par le principe de séniorité ? S’agit-t- il une expression d’un phénomène de délinquance juvénile naissante ou en phase de maturation ou plutôt d’une affirmation de l’individuel sur la primauté de groupe ? Comment canaliser les jeunes en dehors de cadre familial ? Comment peut –on mettre frein à ce phénomène ?

Ces multitudes des questions reflètent la complexité du problème.

Pour moi, plusieurs facteurs ont contribué au développement de la délinquance juvénile dans notre commune.

D’abord, le recul du châtiment corporel encourage les jeunes à outrepasser les règles de la vie en communauté. ( Rassurez-vous, je ne souhaite en aucun moment revenir sur une pratique ancienne qui à mon avis est dépassée; il s'agit d'un simple constat). Revenons à autre raisonnement . Un jeune qui n’a pas été sanctionné suite à une erreur avérée ne peut pas se rendre compte par lui-même de la gravité de son acte. Ainsi, il va assimiler l’erreur dans son mode de fonctionnement. Et plus, il grandit, plus il va commettre d’erreurs de plus en plus graves.

Ce recul du châtiment corporel s’observe aussi bien au niveau scolaire que dans la vie de tous les jours de l’enfant. Ainsi seul l’isolement d’un élève par rapport au groupe est autorisé comme punition dans le milieu scolaire.

S’agissant de la vie quotidienne, l’enfant se trouve souvent livré à lui-même. Par peur de représailles juridiques, le quartier ou le village ne s’immisce plus comme avant dans l’éducation de l’enfant d’où le déclin constaté dans la prise en charge collective d’un jeune. La prise en charge collective d’un jeune est primordiale dans l’apprentissage d’un enfant dans la mesure où chaque fois qu’un comportement déviant est repéré, il peut être sanctionné par le groupe sans faire intervenir l’appareil légal de police ou de justice, (exemple : relations de bon voisinage, règles de politesse, remarques faites à un inconnu,…). Ce contrôle social informel permet de réguler les activités sociales et assure ainsi le maintien des règles et la prévision des comportements déviants.

Il est également à remarquer que le repli de l’auto encadrement à travers la participation de la jeunesse aux activités villageoises constitue un des causes de la montée de comportement déviant de la jeunesse.

Le contrôle social informel a déjà fait ses preuves dans la commune de Chiconi. Il a été mis en pratique par diverses associations culturelles des années 1980. A l’époque, en plus du contrôle informel du comportement déviant, l’Association, faisait régulièrement appel aux institutions juridiques (police, gendarmerie…) pour faire comprendre à l’enfant déviant le danger que réserve le chemin qu’il s’apprêtait à prendre.


Après cette une analyse assez brute de la montée de la délinquance dans la commune, il convient de rappeler que lutter contre la délinquance revient à donner de l'occupation aux jeunes.

La commune de Chiconi a été toujours le berceau du travail manuel où on trouvait les artisans les plus éminents de Mayotte. Un moment de l’histoire, Chiconi ravitaillait mayotte en produits artisanaux. ( maçonnerie, menuiserie, charpenterie...) La même remarque est valable pour l’agriculture. Chiconi a été le premier producteur de l’huile essentiel à Mayotte sans compter la vanille et le copra en outre. Malheureusement, on constate qu’aujourd’hui, le savoir faire n’a pas été totalement transmis à la nouvelle génération et le nombre d’artisan est en chute libre. Ainsi, on peut se poser plusieurs questions :

Comment réconcilier la population avec la créativité ? En quel sens faut-il orienter la formation de la jeunesse de Chiconi ? Quel développement économique pour la commune de Chiconi ? Comment valoriser nos jeunes diplômés ? Comment favoriser l’initiative privée ? Comment cultiver l’esprit d’ entreprenariat et d’entreprise ? Comment positiver l’enseignement professionnel ? Comment attirer les entreprises à s’installer dans la commune ?

Voilà des questions qui restent pour l’instant sans réponses. Mais la réponses à ces questions contribuerons largement à éviter la délinquance dans notre commune.

Merci de votre réaction.

# 13/01/2011 à 17h00 Anassi DANIEL
Je te remercie Monsieur Saïtu de ta contribution constructive et surtout d'avoir réagi si vite. C'est ce type d'apport que j'attends des visiteurs de mon site.
Je suis d'accord avec toi à 100% si tu dis que traiter la question de la délinquance est quelque chose de très complexe et tu l'as démontré à travers de nombreuses questions que tu as soulevées qui demeurent aujourd'hui sans réponses concrètes.
Et pour répondre à la question posée, tu as fait d'abord un détour pour expliquer le phénomène de la délinquance dans la commune de Chiconi que je peux résumer en quatre points :
1°)le recul du chatiment corporel au niveau scolaire et au niveau de la vie de tous les jours. 2°)l'enfant dans notre commune est rarement surveillé : il est livré à lui-même. 3°) il y a manque du contrôle social informel (rôle qui est souvent assuré par les associations dynamiques)qui est en fait un système d'autorégulation naturelle par opposition au système judiciaire répressif. 4°) et le replis de l'auto-encadrement.
Voilà ce qui est de détour que tu as fait. Il était nécessaire de le faire, je pense pour mieux appréhender le phénomène de la délinquance.
En ce qui concerne les solutions proposées, elles découlent des facteurs que tu as évoqués en raisonnant dans le sens inverse des constats (des facteurs explicatifs). Ainsi, on peut retenir :
1°) le fait de donner de l'occupation aux jeunes (travail manuel, développement des savoirs-faire locaux, développement agricole, etc.) 2°)le fait de répondre à une batterie de questions de fonds qui restent aujourd'hui sans réponses. (voir votre avant dernier paragraphe)

Voici à présent mes critiques :
Je pense que tu as adopté seulement une approche sociologique dans ton analyse. On pourrait envisager une approche psychologique (la psychologie de l'adolescent qui imagine idéalement les choses de la vie) qui renvoit à des solutions éducatives attentionnées de la part de son entourage. On pourrait aussi envisager une approche économique (la non satisfaction des besoins matériels par exemple). Enfin, il y a une approche politique (gouvernance) et une approche préventive.
Ainsi, je laisse le débat ouvert.
# 23/02/2011 à 16h52 Piti Socola
Bonjour Chiconi,

Je me permets de m'exprimer sur cette question de la délinquance car c'est un débat de plus en plus présent dans les discours mais qui est également une réalité difficile à combattre lorsque les moyens préventifs font défauts.
Il me semble intéressant de souligner la question de notre éducation. Je m'explique, en effet Mayotte est une société en pleine mutation et dont les valeurs sociales, culturelles et traditionnelles tendent à disparaître avec la fulgurante évolution de notre société.
Franchement, je pense que les jeunes sont complètement perdus dans cette société où tout se mélange au point qu'il n'existe plus de repèresa uaxquels nouys pouvons nous référé.

D'un côté, nous sommes français, mahorais et musulman (avec tout cela implique) et de l'autre nous sommes attacher à nos traditions et notre culture et dont les valeurs se contredisent souvent totalement. Ce pose un problème d'identité.

Je pense que cela explique en partie cette montée de la délinquance et de la violence. Chiconi a toujours été un village spécial où l'identité a toujours été une valeur forte.

Mais aujourd'hui avec les déplacements de populations, notamment les jeunes étudiants et actifs, il y a une génération de population compris entre 18 et 30 ans qui assurait la transition entre la jeunesse montante et nos parents qui manque cruellement.
Le peu de perspective offerts aux jeunes adultes implique un séjour plus long voire définitif en Métropole ou à la Réunion, donc une rupture entre les differentes générations.

Je ne sais pas si je me suis faite comprendre mais si tel est le cas, j'attends vos réactions. Merci de développer des moyens de communication et de donner l'opportunité de donner son avis sur les divers problèmes locaux que nous rencontrons dans notre village à force de perserverence on y vera le bout du tunnel un jour. A bon entendeur...
# 02/03/2011 à 12h37 Espé
Bonjour
Je me permets de donner mon point de vue sur ce sujet.
Je trouve que les témoignages argumentatif de ceux qui se sont exprimés, sont forts intéressants. Donc de mon point de vu, la société mahoraise évolue (vers une société meilleur, j'espère).
Avant tout, je noterais que la violence ou la délinquance est une forme d'expression. Comment endiguait cela?
En deux mots, trouver leurs sources et proposer des alternatifs.(simple à dire !!)
Je pense que la solution ne peut provenir d'une seule personnes. A mon hunble avis, une creation d'une comité de réflexion s'avère indispensable. Cette groupe de personnes travaillera en concertation avec toutes les couches de la société (les directeurs des centres de loisirs, les éducateurs sportifs, les dissidents religieux (tout en gardant l'esprit laïc)les parents des élèves, les associations villageoises etc dans le but de trouver et de converger vers une société "modèle" compatible aux changements des mœurs et des attentes de la population en particulier des jeunes.
La tranche d'âge 20-40 ans (plus ou moins) sont les mieux placé pour tenter d'élaborer cette modèle de vie en collectivité car en générale se sont ses personnes là qui ont eux la chance de voyager à travers le monde (pas seulement, en Métropole et à la Réunion) ce qui leurs ont permis de voir des modes de vie des certaines sociétés (les avantages et les inconvénients).
Pour terminer, les organismes que j'ai cités précédemment, constatent cette dérive et la dégradation des rapport entre les jeunes. Cependant, je pense qu'il sera plus efficace de mutualiser les efforts.
Je suis convaincu, il y a non seulement du savoir-faire mais aussi du savoir-être à Chiconi
merci
# 27/03/2011 à 19h18 nais
La délinquance est certes un sujet délicat qu'il faut prendre avec des pincettes.
Ceci dit le cours de developpement qu'assiste à ce jour Chiconi (et mayotte en générale) dépasse nos parents et qui ont tendence à etre laxistes. Ce qui n'empechent point à la commune à mettre à disposition des structures et des activités conformes pendant les vacances afin d'encadrer ses jeunes et non leur amener des magasins d'alcoool à chaque coin de la commune.
Et j'aurai aimé voir dans la commune des conseillers à disposition des jeunes ou de temps à autres aller à leurs rencontres.
et mr anassi jaurai préféré des propositions non politiques dans ce blog
# 23/07/2011 à 02h31 Pablo
slt ats!ton blog est super!je suis nouveau et je ne vais faire un livre mais je vais essayer de participer.HEU..je pense que les parents n'osent plus punir ces ados.Ils sont déboussolés par tout ces changements sociaux-juridiques qu'ils peinent à maîtriser, d'ailleurs certains le disent clairement.il faut faire circuler des informations juridiques auprès des familles pour mieux connaître leur droit et devoir.Quand aux élus,ils doivent réflêchir sérieusement sur certains projets afin de créer des espaces pour cette jeunesse en manque d'activité réel.Je pense à une maison pour tous gérer par la commune et les associations culturelles.Ainsi ils peuvent être encadré en créant des activités artistique,jeux et autres.
A bientôt
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